Lettre envoyée aux candidats à l’élection présidentielle

vendredi 23 mars 2012
par  Ouvrier-Buffet, Cécile
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En pièce jointe, voici la lettre envoyée aux candidats à l’élection présidentielle en mars 2012 par la COPIRELEM.
Cette lettre est reproduite ci-dessous.

La COPIRELEM (COmission Permanente des IRem pour l’Enseignement ELEMentaire) conduit depuis 25 ans une réflexion sur l’enseignement des mathématiques à l’École et sur la formation des enseignants
en s’appuyant sur le réseau de tous les acteurs, enseignants de terrain, formateurs et chercheurs.

La COPIRELEM s’est attachée à être un interlocuteur constructif des institutions et a toujours été attentive aux évolutions et aux changements, les accueillant toujours sans a priori mais en apportant
sans relâche son analyse au débat citoyen qu’ils exigent.

Comme l’ensemble de notre société, la COPIRELEM s’interroge sur son École, ce qu’on en attend, les objectifs qu’on lui fixe, les priorités qu’on lui donne. Au coeur de ces interrogations, la formation au métier d’enseignant s’impose comme une question fondamentale pour l’avenir d’une École au service de la réussite de tous les élèves.

La réforme de la « Mastérisation » telle qu’elle a été mise en place en France ces dernières années a resserré cette formation sur deux années tout en multipliant les finalités : préparation au concours,
préparation à l’exercice professionnel, construction de la polyvalence et initiation à la recherche.

Ces finalités se rapportent à des domaines différents et chacune d’entre elles exige un engagement intellectuel spécifique.

Pour les professeurs des écoles, les savoirs mathématiques à maîtriser doivent leur permettre d’enseigner les mathématiques à l’école, c’est-à-dire de faire acquérir aux élèves les principaux éléments de mathématiques qui leur permettront d’être autonomes dans leur vie quotidienne, de développer une pensée rationnelle, d’entrer dans une culture commune, de construire des outils de compréhension scientifique du monde.

Contrairement à une opinion largement répandue, pour enseigner les mathématiques à un certain niveau, il ne suffit pas de maîtriser les connaissances mathématiques du niveau supérieur.

La formation des futurs enseignants en mathématiques doit être totalement organisée et orientée par la finalité d’enseigner les mathématiques aux enfants de l’École : les contenus mathématiques doivent être revisités, approfondis, enrichis, consolidés et restructurés dans la perspective de leur enseignement et de leur apprentissage par les élèves.
C’est, pour les professeurs d’école en formation, un nouvel apprentissage des mathématiques qui ne peut se faire qu’en étroite relation avec des champs de connaissances didactiques, historiques, épistémologiques et psychologiques.

En outre, toute formation initiale doit viser un niveau suffisant de compétences professionnelles pour assurer un enseignement efficace. Ces compétences doivent nécessairement évoluer et se perfectionner tout au long de la carrière de l’enseignant par la formation continue.
Ainsi, toute formation initiale doit être pensée tant sur le plan des contenus que des dispositifs dans la perspective d’une articulation avec une formation continue instituée et valorisante.

La prochaine élection présidentielle offre un cadre pour un débat démocratique qui doit permettre un nouveau Pacte entre la Nation et son École.
La COPIRELEM veut s’impliquer dans ce débat au sujet de la formation des enseignants en interpellant les candidats à l’élection présidentielle.
Elle souhaite obtenir des candidats des réponses claires à différentes questions dans une perspective d’une refonte du recrutement et de la formation des enseignants :

• La formation initiale et continue en mathématiques : quel parcours de formation ? Quels dispositifs ?

• Le cursus licence-master : quel continuum de la formation initiale sur le cursus Licence Master ?

• Le concours de recrutement : quelles épreuves ? Quel schéma ? A quel moment du cursus ? Quelle articulation avec le cursus de formation ?

• La formation à l’exercice du métier : quel schéma d’alternance entre enseignement théorique et pratique de terrain ? Quels dispositifs d’alternance dans le cadre des masters ? Quel processus d’alternance dans l’année de stage ? Quelle articulation entre master et stage de professionnalisation ?

• L’homogénéité des formations professionnelles : quels dispositifs ? Quelles structures pour harmoniser les formations professionnelles dans les différentes universités autonomes ?

En vous remerciant par avance des réponses que vous voudrez bien apporter à ces questions importantes pour l’avenir de la formation et de l’École en général, nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur le candidat, l’expression de nos salutations distinguées.

P.J : Eléments d’analyse de la COPIRELEM sur la « Mastérisation »


Documents joints

Lettre candidats élection présidentielle

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