Atelier « Dispositifs de formation continue »

Compte rendu de l’atelier par A.-M. Aebischer, directrice de l’I.R.E.M. de Franche-Comté, et C. Hache, directeur de l’I.R.E.M. de Paris 7.
lundi 19 avril 2010
par  Plantevin, Frédérique
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Organisation d’un dispositif ambitieux de formation continue :
quelles structures d’accueil pour les professeurs dans les universités, quels dispositifs de validation ?

Participants : Anne-Marie Aebischer (rapporteur), Pierre Ageron, Joëlle Bailet, René Cori, Christophe Hache, Catherine Labruère-Chazal, Abdelkader Necer, Frédérique Plantevin, Valerio Vassallo.

Au colloque « L’avenir de l’enseignement des mathématiques » organisé par l’Inspection Générale de mathématiques (Sorbonne, Novembre 2008), René Cori lançait l’idée d’un dispositif ambitieux de formation continue des enseignants, leur garantissant l’équivalent d’un semestre de formation continue tous les 4 ans. René Cori a pu la développer lors de la table ronde du présent séminaire. Dans cet atelier, nous nous sommes interrogés sur les structures d’accueil universitaires qui pourraient dispenser une telle formation et sur les dispositifs de validation à mettre en place.

  1. Quelles structures d’accueil pour les professeurs dans les universités ?

    Parler de formation continue des enseignants pose le problème des relations avec les inspecteurs pédagogiques, qui sont très favorables à récupérer la formation continue. Toutefois, ils n’ont pas le temps d’organiser une véritable formation. En tant qu’universitaires, nous revendiquons une telle formation.

    Dans certaines universités existent des services communs de formation de formateurs (ex. Paris VII, Lille, voir décret n°86-599 du 14 mars 1986). C’est un service qui peut gérer aussi la préprofessionnalisation et garde ainsi un lien très fort avec la formation initiale. Ces services communs de formation de formateurs sont en général totalement distincts des services de formation continue professionnelle classique. Ils en diffèrent en particulier par les interlocuteurs. Un service de formation professionnelle classique ne sait pas gérer, par exemple, les relations avec l’I.U.F.M. ou un rectorat.

    Au delà de ces problèmes de structures administratives, il serait important (pour acter l’importance du dispositif) de considérer les enseignants en formation continue comme des étudiants de l’université. Cela nécessiterait une inscription. Ce n’est pas le cas actuellement, même dans le cas d’une formation longue du type agrégation interne (pourtant, le coût de l’agrégation interne (pour qui ?) est tout à fait comparable au coût d’une année de Master). En revanche, une inscription est indissociable d’une validation et ce n’est pas toujours réalisable (agrégation interne). Les responsables des universités sont sensibles au fait qu’actuellement les formations proposées par l’I.R.E.M. attirent du monde. Avoir des enseignants de passage au titre de la formation continue permettrait d’augmenter le nombre d’étudiants et au-delà, peut-être, d’attirer leurs élèves ?

    Il semble nécessaire aussi qu’une réflexion soit menée sur les structures nationales gérant la formation continue. Il y a un rôlr à jouer : interlocuteur naturel, à l’origine de nouvelles initiatives, apportant une dynamique, diffusant l’information etc. Par exemple, création d’un nouveau diplôme national (à côté du L.M.D.) correspondant à la formation continue.

  2. Organisation, contenu.

    Les formations courtes (très courtes) actuelles ne permettent pas une réelle prise de recul et une réelle formation. Des formation plus lourdes permettraient peut être de l’envisager. Le rythme et la durée de la formation sont des variables importantes et complexes : un semestre hors de l’établissement ne permet pas la même chose qu’une année à mi temps en alternance.

    Les enseignants peuvent éventuellement s’insérer dans un parcours de formation initiale standard, mais il est important de leur proposer également des parcours spécifiques adaptés à leur situation. Il serait intéressant de faire venir dans les laboratoires les enseignants qui viennent se former à l’université, en faisant reconnaître un nouveau type de recherche (et donc de laboratoire) associant universitaires et enseignants du second et du premier degré (ce type de recherche existe par exemple dans les I.R.E.M.).

    Pour aller plus loin il faudrait peut être imaginer un statut des enseignants intégrant une dimension de recherche. Tout enseignant (primaire, secondaire) serait alors un enseignant - chercheur, c’est ce qui est dit dans les IREM depuis leur création. Le lieu d’accueil pour cette recherche seraient des structures de type I.R.E.M..

    Il convient de rester attentif au fait que le retour à l’université induit un déséquilibre, voire une ségrégation au niveau de la provenance géographique des enseignants en formation (exemple dans l’académie de Dijon : deux heures de voiture pour venir à l’université). Il faut imaginer des formations délocalisées, peut-être en alternance, on peut s’appuyer sur des expériences distancielles/présentielles. Il existe des moyens techniques, qui permettent d’espacer le présentiel . On peut jouer sur la répartition heures de travail personnel et travail en heures de cours. Remarque : une formation de type recherche/action nécessite un travail présentiel qui peut être réduit.

  3. Validation

    Quelle validation pouvons-nous offrir à des personnes revenant en formation à l’université ? Et tout d’abord, est-il nécessaire d’offrir une qualification supplémentaire ?
    Dans une entreprise, la formation continue (par ailleurs obligatoire) n’est pas qualifiante.
    Il semble difficile de rendre obligatoire la formation continue des enseignants. Elle est obligatoire chez les PE.
    La première des reconnaissances associée à cette action devrait être de reconnaître la participation de l’enseignant à la formation (?). A un deuxième niveau, la formation pourrait amener une qualification.
    La formation (et donc la qualification) proposée pourrait être un master (master complet ou limité à un master 2 en faisant jouer la validation d’acquis) ou un diplôme dont on laisserait au ministère le choix de la forme, mais un master semble assez bien adapté. Dans un premier temps, les enseignants non titulaires d’un master peuvent venir compléter leur formation pour atteindre le même niveau de qualification que leurs jeunes collègues. Par la suite, on peut imaginer que les enseignants en formation continue valident par briques successives un autre master spécifique. L’autre piste envisagée est que les universités organisent localement des D.U.. L’un des problèmes qui se pose est le fait qu’un D.U. doive être autosuffisant financièrement.
    L’évaluation des différents modules ne serait pas nécessairement par examen, mais pourrait être de l’ordre d’un mémoire ou d’exposés.
    A l’instar des maquettes de formation, l’offre de formation devrait être habilitée pour quatre ans.
    Le lien avec les laboratoires pourrait aussi inciter les enseignants qui le souhaitent à poursuivre leur formation par une thèse.

  4. Formation continue et déroulement de carrière

    Quel rôle la formation continue peut-elle jouer dans le déroulement d’une carrière ?
    Il peut sembler souhaitable qu’une personne qui s’inscrive dans un processus de formation continue en ressorte avec une meilleure progression de carrière. En revanche, ceci n’est pas de notre ressort. L’université peut délivrer une validation, une qualification, mais son rôle s’arrête là.


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