Pluralités culturelles et universalité des mathématiques

Tipaza, 10-15 octobre 2015
mardi 11 février 2014
par  Webmaster IREM
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Pluralités culturelles et universalité des mathématiques : enjeux et perspectives pour leur enseignement et leur apprentissage

Colloque de l’Espace mathématique francophone (EMF) 2015

Du samedi 10 au jeudi 15 octobre 2015 à Tipaza (Algérie)

PREMIÈRE ANNONCE

Les colloques EMF

L’Espace Mathématique Francophone (EMF) s’est constitué pour promouvoir réflexions et échanges sur les questions vives de l’enseignement des mathématiques dans nos sociétés actuelles, aux niveaux primaire, secondaire et supérieur, ainsi que sur les questions touchant aux formations initiale et continue des enseignants. L’EMF contribue au développement d’une communauté riche de ses diversités culturelles, autour de l’enseignement des
mathématiques au carrefour des continents, des cultures et des générations.

La langue de travail du colloque est le français. Les rencontres scientifiques de l’EMF, qui ont lieu tous les trois ans depuis 2000, sont reconnues comme conférences régionales de la Commission Internationale de l’Enseignement Mathématique (CIEM). Elles s’adressent aux différents intervenants préoccupés par les questions qui touchent à l’enseignement des mathématiques : mathématiciens, didacticiens des mathématiques, chercheurs, formateurs, enseignants de différents niveaux. Les lieux des conférences sont choisis pour respecter un équilibre géographique et favoriser la participation d’une communauté francophone la plus large possible.

Les colloques de l’EMF visent à :

  • permettre les échanges d’idées, d’informations, d’expériences, de recherches autour des questions vives en enseignement des mathématiques, en particulier en lien avec le thème retenu pour chacun d’entre eux ;
  • renforcer la coopération entre des chercheurs, formateurs, enseignants, vivant dans des contextes sociaux et culturels différents, et ayant des préoccupations communes quant aux questions touchant à l’enseignement des mathématiques ;
  • susciter la participation de jeunes enseignants et chercheurs aux débats sur l’enseignement des mathématiques, ainsi que leur contribution à l’élaboration de perspectives d’avenir ;
  • favoriser la prise de conscience chez les enseignants, formateurs, chercheurs de leur rôle dans l’élaboration de la culture mathématique de leurs pays respectifs ;
  • contribuer au développement de la recherche en didactique des mathématiques et de ses retombées, notamment sur les formations initiale et continue des enseignants.

Les cinq précédents colloques ont eu lieu à Grenoble (2000), Tozeur (2003),
Sherbrooke (2006), Dakar (2009) et Genève (2012).

Le colloque de 2015

Une des forces des mathématiques tient dans le caractère universel de leurs résultats.
Cependant, avant d’atteindre ce statut d’universalité, chaque concept mathématique a
d’abord émergé dans un contexte culturel particulier, puis s’est enrichi par les apports de
diverses civilisations qui ont contribué à son développement et sa diffusion. Ainsi, selon
les périodes, diverses civilisations ont pu avoir un rôle moteur dans les découvertes
mathématiques et la diffusion de concepts plus anciens. Le Maghreb (et plus
particulièrement le territoire qui constitue aujourd’hui l’Algérie) a été, à une période
charnière de l’histoire, un des lieux importants de développement et de diffusion des
connaissances mathématiques à travers les pays de la Méditerranée. Les exemples les
plus célèbres sont la popularisation du système décimal positionnel au 9e siècle et sa
circulation à travers le Maghreb et l’Europe, mais aussi le développement d’une
symbolisation pour la notation des fractions et l’écriture d’équations, ou encore le
développement de la combinatoire.
Ce mouvement entre la pluralité des racines culturelles et l’universalité des
mathématiques se retrouve sous plusieurs aspects dans l’enseignement et
l’apprentissage des mathématiques, qui sont au cœur de la thématique du colloque
Espace Mathématique Francophone 2015.
D’une part, dans la construction du savoir par l’élève, la rencontre du concept dans des
situations particulières est suivie d’une nécessaire décontextualisation /
dépersonnalisation, aboutissant à l’institutionnalisation d’un savoir.
D’autre part, les savoirs universels ne sont pas enseignés directement, mais subissent
des transformations à différents niveaux de la chaîne de la transposition didactique.
Jusqu’à quel point les racines culturelles sont-elles prises en compte dans ces
transformations ? Est-il nécessaire de les considérer et comment ? Dans quelle mesure la
contextualisation des concepts mathématiques dans leur dimension culturelle
permettrait-elle éventuellement de favoriser l’apprentissage des élèves ?

Au plan international, nous assistons depuis un certain nombre d’années à une
harmonisation des structures éducatives et des attentes à l’égard des élèves. Dans ce
mouvement d’harmonisation, comment sont pris en compte les différents contextes
culturels dans lesquels s’insère l’enseignement des mathématiques ? L’uniformisation
internationale du système Licence / Maîtrise / Doctorat est un exemple de
l’harmonisation des structures éducatives, comme l’implantation récente par de
nombreux pays de programmes basés sur une approche par compétences. Par ailleurs,
les évaluations internationales des élèves et des enseignants, telles PISA et TIMMS,
renforcent l’uniformisation des attentes. Cependant ces évaluations peuvent-elles alors
prétendre pouvoir évaluer les compétences en mathématiques indépendamment des
spécificités culturelles du contexte dans lequel les élèves évoluent ? L’harmonisation des
structures éducatives peut-elle néanmoins permettre la prise en compte de pluralités
culturelles ?

A un autre niveau, la généralisation des technologies de l’information fait que les
ressources pour l’enseignement se mutualisent et se diffusent plus facilement, que ce
soit sous forme de formations à distance, de forums d’enseignants, de manuels scolaires,
etc. Dans cet accroissement des échanges, se pose à nouveau la question du possible
« transfert » d’un contexte culturel à un autre des différentes ressources.
Enfin, le problème du contraste entre l’universalité et les différences culturelles peut
être posé par rapport aux outils de la didactique des mathématiques. En effet, on peut se
demander comment les résultats de recherche, obtenus dans des cadres culturels
spécifiques peuvent vivre dans des environnements culturels différents. Comment la
didactique comme science peut-elle tenir compte des spécificités culturelles dans
l’enseignement et l’apprentissage des mathématiques ? Et jusqu’à quel point les cadres
théoriques développés en didactique des mathématiques permettent-ils une prise en
compte de la dimension culturelle des mathématiques ?
Ce sont là les questions principales qui seront abordées lors du colloque Espace
Mathématique Francophone 2015, notamment à travers des conférences plénières, des
groupes de travail et des projets spéciaux.


Documents joints

Colloque EMF 2015

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