Communiqué sur les aménagements de l’enseignement de la spécialité Mathématiques en classe de première du lycée général

Communiqué ADIREM-APMEP-SMF
lundi 10 février 2020
par  Cortella, Anne
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Communiqué sur les aménagements de l’enseignement de la spécialité Mathématiques en classe de première du lycée général

Le 7 février 2020

Le 6 janvier 2020, le ministre de l’Éducation Nationale et de la Jeunesse a annoncé des aménagements de la réforme du lycée. En particulier, pour répondre aux difficultés soulevées par la spécialité Mathématiques en classe de première du lycée général, il préconise une réponse d’ordre pédagogique, avec la mise en place de groupes de compétences.

Nous, SMF, APMEP, ADIREM, SMAI, SFdS, CFEM, UPS, ARDM, F&M, prenons acte de cette déclaration, en particulier du fait que le ministre reconnaît les difficultés que rencontre l’enseignement des mathématiques en classe de première du lycée général, avec un unique programme de spécialité apprécié mais exigeant si on souhaite le traiter dans sa profondeur, qui ne permet qu’à une partie des élèves de s’épanouir dans la discipline. Difficultés que nous avions anticipées et sur lesquelles nous l’avions alerté depuis près de 18 mois.

Les enseignants pratiquent déjà la différenciation pédagogique en classe. Néanmoins, leurs efforts et leur investissement ne peuvent suffire à amener des classes chargées et hétérogènes au niveau souhaité. Si la décision d’une unique spécialité Mathématiques est maintenue, il est impératif de réfléchir à des moyens pour pallier ces difficultés. Renforcer les heures d’accompagnement personnalisé ou d’autres dispositifs d’aide et de différenciation nous semble être une première nécessité. La mesure proposée par le ministre – sans parler de l’organisation pratique de ces groupes de compétences pour les établissements, qui ne semble pas aisée – nous paraît, elle, soulever plusieurs questions importantes, dans des registres variés :

  • La mise en place des groupes de compétences : à quel moment du parcours lycéen ? Qui effectuera
    le choix / la sélection ? Suivant quel critère, est-ce la note obtenue en mathématiques ou en
    sciences en seconde ? Est-ce suivant l’orientation souhaitée, ou le choix des autres spécialités ?
  • Doit-on imposer à l’élève l’affectation dans un groupe donné ?
  • Ces groupes seront-ils étanches ? Avec des enseignants différents ? Peut-on imaginer une partie de
    « tronc commun » ? Sera t-il possible de changer de groupe en cours d’année scolaire ?
  • Quelles conséquences a le positionnement dans un groupe de compétences sur la poursuite en
    spécialité Mathématiques en terminale ? Comment en informer les élèves et leurs parents ?
  • Ces créations de groupe seront-elles à moyens constants pour les établissements ? La DGH
    permettra-t-elle un meilleur accompagnement ? Comment appliquer une telle solution dans un
    lycée qui n’offre qu’un groupe en spécialité Mathématiques ?
  • Les évaluations seront-elles adaptées ?
  • Quelles seront les préconisations pour aborder le même programme avec une lecture différente ?
    Qui serait chargé de cette réflexion, au niveau local ou national ?
  • Quelle formation préalable pour les enseignants ? Quel accompagnement en cours d’année pour
    veiller à une bonne mise en place du dispositif ?

Ces questions corroborent de nombreuses préoccupations sur l’enseignement des mathématiques sur lesquelles nous avons déjà alerté et ne peuvent en être déconnectées (ouverture des options Mathématiques complémentaires et Mathématiques expertes, contenu en mathématiques dans le tronc commun....). Les décisions prises en réponse à certaines d’entre elles auront un impact immédiat sur le travail des enseignants et sur la scolarité des élèves y compris dans le cadre étendu de leur poursuite d’études dans l’enseignement supérieur.

Cette liste de questions bien précises nécessite donc une réflexion à laquelle nous demandons instamment et officiellement à participer : en étant associés aux discussions et consultés sur les prises de décision, nous souhaitons prévenir des difficultés à venir.

Nous, associations, sociétés savantes, relayons les commentaires et les inquiétudes de nos collègues qui eux-mêmes sont confrontés à celles des élèves et de leurs familles, et nous jugeons nécessaire que chaque élève, dans sa formation de citoyenne ou citoyen ait accès à un enseignement des mathématiques de qualité adapté à ses goûts et à ses besoins.

Signataires du communiqué : Assemblée des Directeurs des Instituts de Recherche sur l’Enseignement des Mathématiques (ADIREM), Association des Professeurs de Mathématiques de l’Enseignement Public (APMEP), Association pour la Recherche en Didactique des Mathématiques (ARDM), Commission française pour l’enseignement des mathématiques (CFEM), Femmes et mathématiques, Société Française de Statistique (SFdS), Société de Mathématiques Appliquées et Industrielles (SMAI), Société Mathématique de France (SMF), Union des Professeurs de classes préparatoires Scientifiques (UPS).


Documents joints

Texte-communiqué.pdf

Commentaires

Logo de Ata - ûllah Gourine
samedi 7 mars 2020 à 03h42 - par  Ata - ûllah Gourine

Il y a plus de 30 ans le collégien , le lycéen en France faisaient de « bonnes » mathématiques ! ce que j’appelle « bonnes » mathématiques , c ’est des mathématiques qui donnent une place de choix à la géométrie plane , école de la rigueur ,et à la réflexion et ceci au temps des classes de mathématiques élémentaires , maths - sup et maths - spé !et cela marchait très bien avec les autres filières , bac lettres , bac sciences ! pour les maths je prend juste un seul exemple : le calcul de minima ou maxima par les méthodes purement géométriques ! c’est vrai , c est un peu dur mais tellement formateur ! l’élève est constamment confronté à la « substantifique moelle » de la rigueur mathématique ! et depuis l’abandon de ces notions pour des méthodes uniquement algébriques , avec l’emploi des dérivées , que je considère plus mécaniques presque machinales ,instrumentalisées, c ’est vrai avec les dérivées c est tellement plus simple les maths ont perdu leur finesse ,leur pureté originelle et leur fraîcheur , leur coefficient « heuristique » au sens de Descartes , Pascal , Chasles et plus près de nous Polya ! Que l’on m’objecte pas que c est pour des contraintes de la Physique (et aussi le monde des affaires) que les mille et une réforme qui ont vraiement appauvri les maths en France si bien que les élèves en classe de terminales ne savent plus extraire manuellement une racine carrée , pire certains ne savent plus leur table de multiplication ,avec l’invasion de la calculatrice à ceux là je rappelle que la physique est avant tout de la géométrie et si tu veux être bon maths et en physique , sois bon en géométrie !le classement PISA place la France au 17ème rang pour les sciences ! Pourquoi changer ce qui marchait bien ? that is the question !

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