Table ronde : Etat des lieux de la formation continue

Question d’Anne-Marie Aebischer, directrice de l’I.R.E.M. de Franche-Comté - Réponses de Dominique Gillet, I.E.N. du Rhône, et de Denise Courbon, I.A.-I.P.R. Académie de Lyon.
lundi 12 avril 2010
par  Plantevin, Frédérique
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Retranscription des propos d’A.-M. Aebischer et de D. Courbon. Retranscription de D. Gillet corrigée par l’auteur.

Moi je m’interroge sur un champ complètement différent. On a stigmatisé les lacunes du ministère, de l’organisation, du budget attribué à la formation continue mais je voulais savoir s’il existe des études et des données sur le manque de désir de formation. On n’a pas du tout parlé depuis le début de ce problème et finalement, il y a quand même très peu de gens qui s’inscrivent et qui demandent de la formation. Est-ce qu’il y a eu des études, est-ce qu’on analyse ce manque de désir. Je ne sais pas si c’est de la désespérance, de l’indifférence parce que les pistes qui ont été évoquées c’est peut-être le sujet de ce soir, parce qu’on a parlé de la formation continue c’est volontaire, est-ce que les gens doivent être désignés ou pas et quand ils ne sont pas désignés c’est pas du tout une piste pour moi, et quand ils ne sont pas désignés on s’aperçoit qu’il y a très peu de gens qui s’inscrivent. Finalement, pourquoi il y a un tel manque d’envie de formation.

Dominique Gillet :

Dans le 1er degré en mathématiques, par exemple, je fais l’hypothèse que s’il y a si peu de demandes de participation à des stages de mathématiques, c’est parce que beaucoup d’enseignants ne sont pas conscients de leurs besoins. Ils disposent de manuels pour enseigner les mathématiques. En effet, très souvent en mathématiques, les élèves ont un livre et même un fichier. Les enseignants font tous faire des mathématiques au moins en suivant les fichiers. Ils ont l’impression qu’ils savent faire et qu’ils n’ont pas besoin de formation alors que, dans d’autres disciplines, comme l’éducation artistique où là il y a peu de support ou l’EPS c’est différent. Quand ils ne savent pas faire dans ces disciplines là, ils en sont conscients, si vous voulez. Ils sont conscients qu’ils ne savent pas conduire les activités dans ces domaines-là alors qu’en mathématiques il faut faire naître le besoin et c’est pour ça que je disais tout à l’heure et je réponds à Monsieur Mercier que quand il y a des changements de programme ou des modifications structurelles, alors du coup ils s’aperçoivent que tiens il y a un petit quelque chose qui ne fonctionne plus de la même manière et à ce moment là on peut s’emparer de ça comme un levier pour travailler d’une manière approfondie ce quelque chose. Par rapport à ce que vous évoquiez tout à l’heure Madame, à propos de ce qui constituent ce que doit être la formation continue, je dirais, si j’avais une définition à donner, que la formation continue doit viser à permettre aux enseignants d’augmenter les acquis des élèves dans la classe c’est-à-dire que c’est l’évolution des acquis des élèves qui doit être l’objectif de la formation de fond. Voilà c’est parce qu’on arrive pas à faire réussir tous les élèves qu’on a besoin de formation. Pour moi c’est ça.

Denise Courbon :

Je pense que dans le 2nd degré, le problème du manque de demande en formation continue n’est pas disciplinaire, ce n’est pas lié aux mathématiques. C’est lié à des discours politiques très forts, ce slogan extrêmement fort « pas de classe sans enseignants », qui, à un moment donné, il y a longtemps, ont été de véritables coups d’arrêt pour la formation continue ; pour les professeurs comme je le disais tout à l’heure, et pour les chefs d’établissements aussi. N’oubliez pas que les chefs d’établissements donnent leur avis pour la formation or, ils sont confrontés aux parents d’élèves qui disent « Attendez ça suffit, il y a un prof de maths, le prof de lettres, le prof d’histoire-géo la même semaine qui s’en va parce qu’on fait une formation sur le socle commun ou quelque chose comme ça ». Ce n’est pas la seule raison, il y a bien sûr la question du désir de formation, de l’envie de se former mais c’est quelque chose qu’on ne peut pas négliger.
D’autre part, nous constatons avec les collègues que nous désignons - entre guillemets, j’insiste bien, ce sont des gens qui sont d’accord pour venir - que si on met des enseignants devant un problème ouvert que l’on va chercher, cela a de l’intérêt mais c’est aussi une forme de mise à nu de la personne qui met les professeurs en difficulté. Je crois qu’il y a des professeurs qui ont une certaine réticence à se montrer non compétents dans un domaine donné et que l’on ne peut pas le négliger. Cela existe, on le constate. On voit bien des professeurs qui ne veulent pas se mettre devant un ordinateur tout seuls, parce qu’ils ne savent pas ouvrir un fichier par exemple.

Suite de la table ronde : interventions, questions et réponses


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