Journée internationale en marge d’EMF 2018

La deuxième rencontre du réseau international des IREM s’est tenue en marge du colloque EMF 2018, le samedi 27 octobre 2018, à l’Université Paris Diderot. Il s’agissait, en fait, de la troisième rencontre après le séminaire de 2006 organisé par André Antibi à Sèvres, et le séminaire de juin 2016 à Strasbourg où le réseau international des IREM avait été relancé. Ce séminaire avait permis de faire un point d’étape – voir CR dans le bulletin de la CFEM numéro 41 de juillet 2016 – sur le réseau, avec des interventions sur l’actualité et les difficultés des IREM (ou projets d’IREM) au Niger, au Sénégal, au Mali, au Cameroun, en République Démocratique du Congo, au Congo-Brazzaville, en Algérie, en Tunisie, au Maroc et au Pérou. A l’issue de ce colloque, nous avions mis en place ou relancé un certain nombre d’outils pour favoriser la communication au sein de ce réseau : l’ouverture d’une rubrique « réseau international » sur le portail des IREM, une liste de diffusion internationale (liste GREMA), un bulletin d’information (la lettre GREMA), la mise en place d’un noyau de référents nationaux dans les universités pour les IREM, le lancement d’un télé-séminaire international régulier, en autres.
La journée 2018 se voulait plus modeste que le colloque de Strasbourg. Elle avait été préparée par le groupe IREM GREMA (Groupe de Recherche sur l’Enseignement des Mathématiques en Afrique) de l’IREM de Paris. Nous avons accueilli des participants au congrès EMF 2018, animateurs d’IREM à l’étranger, investis dans des projets de création d’IREM ou bien simplement intéressés par l’aventure des IREM : une soixantaine de participants au plus fort de la journée.
Après une introduction sur l’actualité du réseau des IREM (Stéphane Vinatier), nous avons continué à réfléchir au réseau international (Carole Baheux), au groupe GREMA (Bernadette Denys), de la liste et de la lettre GREMA (Ana Mesquita) mais aussi du télé-séminaire (Christian Mercat) que nous allons essayer de reprendre rapidement avec un exposé prévu de Mangary Ka de l’IREMPT de Dakar. Trois tables rondes ont ensuite complété la journée, entrecoupées par un buffet à 12h30 financé par l’ADIREM. 
La première table ronde, animée par Christian Mauduit (IREM d’Aix-Marseille) a permis de donner à voir des exemples de collaborations internationales impliquant des IREM. J’en retiens d’abord la présentation du projet PRe NumAC (Production de Ressources Numériques pour l’Enseignement des Mathématiques au secondaire en Afrique Centrale) par Jean-Baptiste Lagrange et Fernand Malonga.
Le projet a pris fin en 2018. Il a impliqué l’ADIREM, l’IREM de Paris, l’UREM et l’ENS de Brazzaville (Université Marien Ngouabi, Congo), l’ENS de Youndé (Cameroun) et le concours des inspecteurs de mathématiques du Congo et du Cameroun. Il visait à la formation des enseignants aux usages des technologies pour l’enseignement (TICE), à la didactique des mathématiques et au développement des usages des outils en ligne (plate formes de formation et bases d’exercices, notamment WIMS).
Il a produit un ensemble important de ressources pour la classe de Terminale. Il s’est surtout conclu par la mise en place de micros serveurs, avec une aide financière de l’ADIREM, rendant l’accès aux ressources produites, l’accès à des logiciels (GéoGebra, Casyopée notamment) et l’usage de WIMS possible sur un réseau d’établissement, sur un ensemble d’ordinateurs portables ou mêmes sur Smartphones, sans connexion internet et sans installation particulière. L’expérience a montré que cette utilisation pouvait correspondre à un désir d’évolution des pratiques enseignantes dans les contextes difficiles de ces pays (http://prenum-ac.org).
Le deuxième exemple notable est celui de la création d’un groupe IREM en Hongrie, groupe miroir d’un groupe de l’IREM de Paris Nord sur les séries de problèmes et la lecture de textes historiques (Alain Bernard et Katalin Gosztonyi). Katalin a d’abord participé au groupe IREM de Paris Nord. Recrutée ensuite enseignante chercheur dans son Université en Hongrie, elle y a mis en place un groupe miroir, soutenue par l’académie des sciences en Hongrie.
Des colloques internationaux ont ensuite permis aux deux groupes de se rencontrer et développer des collaborations. Dans cette première table ronde figuraient aussi une présentation d’actions en Algérie (Jannick Trunkenwald) et une présentation des actions d’Animath (Christian Duhamel et Martin Andler).
La deuxième table ronde a donné à voir des IREM à venir ou en développement. D’abord un témoignage de Marlène Alvez Dias, de l’IREM de Sao Paulo, à l’Université privée Anhanguera. Il faut noter que dans un tel pays les enseignants travaillent souvent plus de trente heures par semaine, ce qui rend presque impossible leur participation à des activités de type IREM. Au Brésil, l’IREM est donc adossé à un programme de master et de doctorat en didactique des mathématiques. Les enseignants peuvent dans ce cadre bénéficier de bourses et s’engager dans un master et un doctorat qui se mêle à leurs activités d’animation de l’IREM. Ils ne sont pas payés comme animateurs mais ont leur bourse.
Il y a d’autres projets d’IREM au Brésil mais dans des universités publiques, voire un projet de création d’une assemblée des directeurs d’IREM du Brésil.
Un autre témoignage en provenance de Kinshasa à l’Université Pédagogique Nationale en République Démocratique du Congo. Alexandre Mopondi a réussi à lancer un IREM sur le modèle français, avec des groupes en algèbre, géométrie, statistique… où la vingtaine d’animateurs (enseignants de terrain, inspecteurs et universitaires) sont rétribués par l’université mais aussi le Rectorat, qui s’est finalement impliqué au bout de quelques années. On a eu un témoignage de Madagascar (Elisé Rajaonarimanana) où un IREMI est relancé, en partenariat avec l’IREM de la Réunion, après que l’IREM originel se soit arrêté dans les années 80. Enfin nous avons eu un témoignage de Mayotte par Laurent Souchard.
La dernière table ronde a été introduite et animée par Marie-Pierre Galisson. Il s’agissait d’échanger sur la formation des enseignants et les programmes d’enseignement. Les témoignages de Magary Ka (IREMPT à Dakar), de Germain Atta et Camille Honvo (Côte d’Ivoire), de Pierre Arnoux pour la France et d’Antoine Bodin pour une vision plus internationale, ont permis de mesurer les différences de cultures. Antoine Bodin a souligné que seule la France, grâce aux IREM, avait su créer une structure qui fasse le lien entre le secondaire et le supérieur. Partout ailleurs, les relations sont assez rigides entre les deux institutions.
En conclusion, nous avons ré-insisté sur le fait que les IREM devaient être des structures universitaires, qui ne devaient pas être amalgamées avec des laboratoires de didactique des mathématiques qui ont leurs propres spécificités (analyses didactiques plus théoriques, plus fines, pas directement opérantes pour les enseignants, qui n’ont pas une visée de production de ressources…). Nous avons aussi rappelé les objectifs du réseau international et les outils que nous mettons à disposition. Nous espérons qu’avoir permis aux collègues des différents pays de se rencontrer, ne serait-ce que le temps d’une journée, favorisera des nouvelles initiatives. Nous espérons un prochain point d’étape, peut-être à l’occasion du congrès EMF 2021 qui aura lieu au Bénin à Cotonou.


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