Table ronde : Etat des lieux de la formation continue

Intervention de Dominique Bénard, I.R.E.M. des Pays de Loire, Le Mans, co-responsable de la CII Epistémologie et Histoire des Mathématiques.
lundi 12 avril 2010
par  Plantevin, Frédérique
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Transcription de l’intervention.

Je reviens sur ce qu’a dit Nicolas Saby, qui semblait voir des contradictions entre la volonté de croissance au niveau économique et le fait de baisser les budgets de l’éducation nationale. Je crois que si l’on se replace dans une analyse de la politique de l’Union Européenne, on constate que ce n’est pas du tout une contradiction, c’est au contraire très cohérent. La politique de l’Union Européenne, c’est la casse du budget public. C’est le relais du fameux Accord Général sur le Commerce des Services de l’O.M.C., qui prévoit que les actions de formation doivent rentrer dans le système de concurrence libre ... comme on dit. Ce n’est pas contradictoire d’être dans une logique économique de croissance et de faire baisser les budgets publics, c’est-à-dire l’intervention publique dans ce genre de choses.

Sinon, je voulais revenir sur un débat qui a eu lieu à la fin des années 70 sur la signification du R d’I.R.E.M. à savoir si c’était « recyclage » ou « recherche » précisément. Je crois qu’une des choses qui nous vaut aussi beaucoup de succès et de force, ce qui fait que je suis toujours dans les I.R.E.M., que ça m’intéresse beaucoup d’y être, y compris de façon militante, c’est l’idée, qu’effectivement, une des choses les plus efficaces pour la formation continue des enseignants, c’est qu’ils soient eux-mêmes impliqués dans des actions de recherche pédagogique. Cette idée-là me parait extrêmement intéressante ; c’est ce qui fait vivre les I.R.E.M., et c’est ce qui fait, qu’effectivement, la formation continue des enseignants peut être autre chose que l’adaptation à des réformes de structures ou à des réformes de programmes, mais un véritable travail de l’enseignant sur son propre rapport à la discipline qu’il enseigne, y compris quand il est polyvalent, comme le sont les professeurs des écoles. S’il y a tant de problèmes dans l’enseignement des sciences et aussi des mathématiques au sein même des écoles, c’est, tout simplement, que la plupart des professeurs d’école ont peur des sciences, ont peur des mathématiques, ont un rapport extrêmement conflictuel et très difficile à ces disciplines. C’est vrai aussi des professeurs de mathématiques de l’enseignement secondaire, et peut-être aussi des professeurs de mathématiques de l’université qui ont un rapport très particulier à leur discipline, qui n’est pas forcément toujours le bon, eu égard aux impératifs pédagogiques.
La recherche pédagogique n’est pas uniquement faite par des chercheurs au sens technique du terme mais aussi par des acteurs de terrain qui, engagés dans des recherches pédagogiques de terrain, impliqués directement sur le terrain, travaillent leur rapport à leur discipline et à l’enseignement de leur discipline et, ce faisant, se forment. Ils sont en formation continue à travers ça. Je pense que c’est quelque chose d’essentiel de ce quoi doivent défendre les I.R.E.M..


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